Neuf mois. Sans compter tout le temps de réflexion qui précède la conception d’un bébé, ce sont neuf mois durant lesquels on a le temps de réfléchir. Qu’est-ce que c’est, être père ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir ressentir quand la femme de ma vie va mettre au monde notre enfant ? Les questions, je me les suis toutes posées. Et pourtant, le jour venu, quelle claque.

Tu connais cette sensation ? Celle où tu sais que ta vie va changer du tout au tout. Tu en as conscience, tu sais que ça arrive, tu sais qu’il y aura un avant et un après. Personnellement, je n’ai jamais ressenti cela avant. J’ai passé des examens, réussi des concours, commencé de nouveaux jobs ; j’ai rencontré ma chérie, on s’est marié. Rien de tout cela n’a approché cette sensation, cette excitation latente à l’approche de la naissance de mon fils. Et malgré cela, en dépit de toutes les réflexions que j’ai pu avoir seul, avec ma femme, rien ne m’a préparé à la vague qui a déferlé sur moi avec son premier cri. Il s’appelle Noah, et il a changé ma vie.

Ko-eun – c’est le nom de ma petite femme, si jamais tu ne le savais pas encore – avait souhaité un accouchement le plus physiologique possible pour l’arrivée de notre petit bébé. Dans l’idéal, éviter la péridurale, et profiter d’un travail pré-accouchement dans une ambiance la plus naturelle possible, que ce soit à la maison dans un premier temps ou dans la salle « nature » de la maternité ensuite. On s’est préparé un beau petit cocon pour qu’elle soit le plus à l’aise possible, tout était prêt pour préparer l’arrivée de notre petit bout de chou en douceur. Vinrent les premières véritables contractions, et on s’est dit que, ça y est, c’était parti.

C’était effectivement parti, mais le voyage a été un peu plus long que prévu. Visiblement, Bison Futé avait oublié de nous prévenir qu’il y avait des embouteillages sur l’autoroute des bébés ! Alors qu’on compte en moyenne une douzaine d’heures, entre le début du travail (caractérisé par des contractions régulières, toute les 5 minutes – bienvenue chez Jauny sage-femme) pour l’accouchement d’un premier enfant et la naissance, la situation a été un peu différente pour nous. Au total, Ko aura eu des contractions non-stop pendant près de 80 heures, toutes les dix minutes maximum. Ca s’appelle un dystocie de démarrage, pour information, et c’est assez rare, mais pas trop quand même (environ 2% des grossesses visiblement). Bref, sans rentrer dans les détails, car ce n’est pas le sujet de ce papier, ce fut long – et laborieux par moments – et ça laisse le temps de faire monter la pression de l’attente, en même temps que les craintes diverses et variées.

Bref, tout ça nous amène à la poussée, et au moment de la rencontre avec mini-moi. Arrive le moment où dépasse la tête de mon enfant. Et là, je constate que le cordon lui est passé autour du cou. La sage-femme n’est pas du tout perturbée et parvient à couper le cordon en quelques instants. Victoire, mon fils finit son trajet et, quelques poignées de secondes plus tard, lâche son premier cri. Et c’est là que j’ai véritablement commencé à me sentir père – de manière concrète, et pas en me projetant comme j’avais pu le faire durant la grossesse. Mon premier sentiment de père aura été un ascenseur émotionnel, avec la peur suivie d’une émotion si intense. Et je pense que la vie m’a proposé avec cela un aperçu de ce que ce sera, être père. Des émotions extrêmement intenses, dans un sens comme dans l’autre.

Difficile de dire et décrire ce qui fait ensuite que l’on se sent père. Mais je pense que le principal trait que je vois apparaître, c’est un sentiment ultra protecteur vis à vis de Noah. J’ai l’impression de devoir le protéger de tout et n’importe quoi. J’ai envie de le garder greffé à moi, tenu tout fort, afin de pouvoir lui faire comprendre qu’il n’a pas à s’en faire, papa est là.

Cela fait maintenant une semaine que mon fils est là. Une semaine que je dors moins bien, que je suis plus inquiet, que j’ai perdu du poids (bon ok, ça c’est la bonne partie), que je n’ai presque pas mis le pied en-dehors de la maternité, que je change des couches X fois par jour, que j’ai perdu déjà quelques capacités auditives. Et pourtant, je viens de passer ce qui est sans doute la plus belle semaine de ma vie. Alors, c’est ça, être père ?

8 Commentaires

  1. […] Avoir un enfant est chronophage, je le savais. Aussi, les loisirs sont l’une des lignes sur lesquelles il va falloir réussir à s’accorder un peu plus de temps. 2020 aura été une « petite » année en termes de jeux vidéo, mais j’aurais réussi à finir quelques titres intéressants tout de même : Marvel’s Spider-Man Miles Morales, le premier sur PS5, mais aussi Tell Me Why, Pikmin 3 Deluxe, The Last of Us Part II, Pokémon : Epée, Assassin’s Creed Odyssey ou encore The Turing Test, pour ne citer qu’eux. A bien y réfléchir, j’espère que 2021 sera au moins aussi plaisante, c’était chouette. […]

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